Un nouveau système bancaire et monétaire

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cgelinas
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Un nouveau système bancaire et monétaire

Message par cgelinas » 09 novembre 2010, 22:56

Voici un billet que j'ai trouvé dans Facebook qui concerne l'éventualité d'un nouveau système bancaire et monétaire — c'est fort intéressant... et d'actualité!
  • Autrefois les oppresseurs de la Grèce s'appellaient Darius ou Xerxès au nom de l'empire perse, désormais ils se nomment Strauss-Kahn, Barroso, Van Rompuy, Sarkozy ou Merckel au nom de la finance internationale !

    Il y a 25 siècles, la domination perse n'était pas pesante. Un satrape perse était chargé d'assurer la levée de l'impôt royal et chaque cité grecque conservait ses institutions. Les perses respectaient les coutumes des différents peuples de leur empire et se chargeaient parfois de rappeler à l'ordre les fonctionnaires zélés.

    Aujourd'hui rien n'a changé ! Le FMI et l'Union européenne enverront leurs administrateurs en Grèce pour s'assurer du remboursement des crédits à échéance et de l'application des mesures d'austérité imposées par l'empire financier. La souveraineté grecque a disparue en même temps que la démocratie : depuis vendredi toutes les mesures prises dans le cadre du plan pour la Grèce seront signées par le ministre grec des Finances sans vote au Parlement !

    La souveraineté redevient donc une priorité ! Cette aspiration à la liberté était théorisée il y a 2500 ans par Aristagoras de Milet qui rassembla les cités ioniennes sous la bannière de la libération pour sonner la révolte.

    Les Grecs vont devoir à nouveau puiser dans le meilleur de leur tradition historique pour se rassembler et défendre leurs intérêts et leur liberté face à cette nouvelle oppression !

    Une crise n'est pas forcément mauvaise... Elle est bien souvent un moyen d'évolution, permettant l'accélération de processus de maturation. Encore faut-il ne pas se laisser submerger par les dégâts de la crise pour pouvoir garder le recul nécessaire à l'analyse profonde de ses causes et de ses conséquences...

    Une analyse que visiblement nos politiciens, journalistes et économistes sont incapables de réaliser. Certes ils ont fait de brillantes études. Mais on leur apprend ce qu'il faut penser et non pas à penser. Leur capacité d'imagination, de critique d'un système donné, est quasi-nulle. Ils sont les outils parfaits de l'inertie sociale. Intégrés à la “haute société” par ces grandes écoles, ils sont formés à la protéger.

    Voyons donc les constats qu'on peut tirer de l'Histoire concernant les dettes souveraines :

    - les États ne doivent pas avoir peur de la cessation de paiement,
    - les régimes qui durent (qui s'endettent le moins) sont ceux qui jugulent le mieux les processus d'accroissement des inégalités,
    - les plans d'austérité aggravent la récession, entraînant une chute des recettes fiscales plus rapide que ne s'opère l'ajustement budgétaire, ce qui aggrave le déficit et donc la dette publique.

    Les dettes publiques, dans leur conception actuelle, existent depuis le XIII° siècle (cités italiennes) et déjà un marché de la dette publique existait.

    Les nations européennes en étaient rapidement très friandes : les revenus obtenus par taxation s'avérant insuffisants, l'emprunt a constitué un moyen systématique de financement des guerres, permettant l'allongement de conflits de plus grande ampleur. Les dettes publiques atteignent en effet leur plafond pendant les guerres : la dette britannique a représenté près de 300% du PIB au sortir des guerres napoléoniennes comme après la Seconde Guerre Mondiale. De même, la dette américaine s'est nettement accrue à la suite des quatre principaux conflits qu'a connus le pays où elle a atteint son sommet historique (120% du PIB). Quoi qu'il en soit, le coût des guerres est toujours payés par les citoyens ! En effet l'Histoire démontre une hausse de la fiscalité étatique pendant de nombreuses années post-guerres.

    L'Histoire nous apprend qu'il ne faut pas avoir peur de la cessation de paiement pour un État. Ceci est d'ailleurs monnaie courante (pardonnez-moi le jeu de mot)...

    Un État n'est pas une entreprise, ni un ménage ! Il n'a pas les mêmes objectifs, n'est pas soumis aux mêmes contraintes et donc ne doit pas être géré de la même façon. Un État peut être en situation de cessation de paiement mais personne n'a le pouvoir de le mettre en liquidation judiciaire et de lui ordonner de cesser d'exister. On constate d'ailleurs que suite à une cessation de paiement les États ne sont pas moins puissants, bien au contraire !

    L'Espagne a connu de nombreuses banqueroutes rapprochées : 1557, 1575, 1596, 1607, 1627 ! Pourtant cette période de l'Histoire est celle où l'Espagne a atteint le zénith de son influence et de son pouvoir, ainsi que son Siècle d'Or culturel (1550-1660). Conclusion : quand un État fait faillite, il ressort plus puissant que s'il continuait à rembourser ses créanciers, et il est toujours capable de mener à bien ses projets. De plus, on constate que malgré ces défauts de paiement réguliers, les créanciers sont toujours présents pour acheter à nouveau des titres souverains... Le problème espagnol provient du fait que la monnaie était matérielle, les paiements étaient corrélés aux découvertes d'or provenant du Nouveau Monde, provoquant des successions d'époques où la monnaie était présente soit en excès soit en défaut. Aujourd'hui la monnaie est scripturale et ces problèmes n'ont plus de raison d'être !

    Autre constat : les régimes qui durent sont ceux qui jugulent le mieux les processus d'accroissement des inégalités. C'est quand les privilèges sont trop nombreux que l'État s'affaiblit et doit s'endetter.
    Concernant le déclin de l'empire hispanique on note une puissance militaire qui absorbe une partie trop importante des ressources financières et humaines, une agriculture victime d'inégalités de répartition des terres et l'expulsion de centaines de milliers de Morisques dont l'économie ne se relèvera pas.

    En France, en 1780, l'État perçoit 503 millions de livres de recettes pour 620 millions de livres de dépenses. Le service de la dette occupe à lui seul 310 millions de livres, soit la moitié des dépenses ! L'opinion publique est scandalisée d'apprendre que la cour dépense 36 millions de livres en fêtes et pensions pour les courtisans. Le principal impôt direct, la taille, ne pèse que sur les non-privilégiés. La capitation et le vingtième n'améliorent pas les finances de l'État. En faillite et incapable de calmer la grogne des familles victimes de la crise économique, Louis XVI cède et convoque les États-Généraux en 1789, c'est le début de la Révolution française. Louis XVI a eu le tort de sacraliser la dette, il en a perdu la tête !

    Ses prédécesseurs étaient moins cons : les cessations de paiement étaient régulières. Les rois de France ont recours à l'emprunt (toujours pour financer des guerres), par exemple la dette double entre 1522 et 1550 et la France fait faillite en 1558 et 1567 permettant d'annuler certaines dettes mais surtout d'en rééchelonner le paiement. Incapable de faire face à l'énorme dette accumulée par la monarchie absolue, les assemblées se résignent à la banqueroute des “deux tiers” (1796), la France renonce à payer les deux tiers de sa dette publique. C'est la dernière fois que le pays fera défaut sur sa dette.
Ça fait réfléchir, non?
Claude Gélinas, Éditeur
placementsquebec.com

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